CRUS DU BEAUJOLAIS

 

Revoilà la bande des dix
 

On ne les avait pas oubliés, mais voilà qu’ils se rappellent à nous … A fort juste titre, car les crus du Beaujolais peuvent faire de très beaux vins. Gaillards comme leurs petits frères des appellations génériques et villages, mais plus complexes, plus denses, et pour certains capables d’une étonnante tenue en bouteilles. Le formidable millésime 2009, de surcroît, leur a tout apporté : la couleur, le corps, le fruit. Et des capacités de garde qui feront en reparler dans dix, voire vingt ans.

 

Ils sont donc dix. Dix à renvoyer une autre image du Beaujolais, où sestompe le caractère primeur, où s’affermit la signature du terroir, où se dessine un réel potentiel dévolution. Leur fief est la partie nord de la région, là où ségrènent les fameux "villages", dont ils forment en quelque sorte laristocratie. On est dans le Beaujolais cristallin, composé de roches primaires, schistes, porphyres et surtout granites dégradés en arène (sable granitique). Le paysage est sculpté en ronde bosse, autour de grosses collines et de buttes-témoin. Il alterne de doux mamelons, polis par lérosion, et des pentes parfois impressionnantes.


En Beaujolais cristallin

Au milieu des villages de pierre rose, le gamay est chez lui. Les terrains hercyniens, qui lui sont si propices, s’étendent de la lisière du Mâconnais jusquà la vallée du Nizerand, à hauteur de Villefranche-sur-Saône. Plus bas, cest le Beaujolais calcaire, le pays de la "pierre dorée", qui engendre des vins plus simples, exclusivement génériques. Mais, pour aborder nos dix crus, il faut dabord remonter tout au nord.

 

Saint-Amour et Juliénas, à attendre

Un pied en Mâconnais, lautre en Beaujolais, Saint-Amour ouvre le ban. Perché sur sa butte, le village doit son nom à saint Amateur, soldat romain converti au christianisme - loin donc de saint Valentin, auquel l’opportunisme commercial associe de nos jours le cru Son vignoble repose sur des sols variés, où granite et schiste s’intercalent avec les derniers calcaires mâconnais, sur un épais fond argileux. Ce terroir dispense aux vins leurs notes fruitées (framboise, mûre, pêche abricotée), florales (réséda) et épicées. Le Saint-Amour est naturellement solide et charpenté. Il peut vieillir avantageusement, entre 4 et 8 ans en moyenne, encore qu’on le vinifie trop souvent dans le style primeur, ce qui le rend plus vite accessible mais en revanche gomme son potentiel. Pour les crus de garde, d’une manière plus générale, les vinifications classiques - à la bourguignonne - ont tendance depuis longtemps à supplanter la vinification typiquement beaujolaise, celle où le raisin macère en grappes entières avant le pressurage. Nombreux sont encore les vignerons à utiliser le "grillage", qui maintient enfoncé le chapeau de marc pendant la fermentation, renforçant ainsi l’extraction de la couleur et des tanins.


Les deux crus les plus septentrionaux

Propriété de la maison Loron (Pontanevaux), le Domaine des Billards rend scrupuleusement hommage au Saint-Amour. Son 2009 est bien dans le ton de l’année : net, sain et franc, réclamant maintenant une bonne cure en bouteilles. Il dévoilera plus tard son meilleur profil, à l’image du sensationnel 1989, au rubis à peine tuilé, tout en finesse, en équilibre, d’une miraculeuse fraîcheur. L’appartenance bourguignonne jouant peut-être (le village est en Saône-et-Loire), le négoce de la Côte-d’Or tire bien son épingle. La maison nuitonne Louis Max a des attaches locales. Issu d’un hectare en pleine propriété, son Saint-Amour 2009 est charnu, enveloppé, profond. Celui de la maison beaunoise Albert Bichot n’est pas en reste : son 2009 affiche une opulence et une intensité aromatique insolentes.

Le Juliénas est le second cru en descendant au sud. L’appellation recouvre le village-titre, ainsi que ceux de Jullié, Emeringes et Pruzilly. Très diversifiés mais à forte proportion argileuse, les sols donnent ici des vins nourris et colorés. Leur vinosité naturelle s’enrichit dun bouquet généreux, à base de fruits rouges et d‘épices. Les vins produits sur Jullié et Emeringes, en zone granitique, sont les plus précoces. Le Juliénas n’en reste pas moins le prototype du Beaujolais robuste et corsé, tenant bien la bouteille, jusquà 5 ou 10 ans selon le millésime. Le Clos de Haute Combe, à Juliénas même, est un bon modèle du cru, d’autant que Vincent Audras produit des vins très réguliers. Son 2009 représente parfaitement l’année : grenat intense, bouche dense, charnue, avec un toucher de velours, et de l’avenir. De vraies qualités, modulées au fil des millésimes : mode fringant et gourmand pour le 2006, important potentiel tannique pour le 2005.

 

Moulin-à-Vent et Chénas, solides comme des chênes

Quelques rangs de vigne plus bas, et voici Chénas, dont l’aire d’appellation se prolonge sur la commune de La Chapelle-de-Guinchay. Le village éponyme tire son nom de la chênaie qui le couvrait jadis. Le terroir est globalement granitique, plus argilo-siliceux dans les parties basses. Sa forte teneur en manganèse confère aux sols leur couleur typiquement saumonée. Les vins sont de couleur soutenue, charpentés, bien en chair, condimentés par une petite touche de pivoine. Ceux récoltés sur La Chapelle sont plus tendres. Le Domaine Piron siège à Villié-Morgon, mais rayonne alentour. Avec sa cuvée Quartz, Dominique Piron signe un remarquable Chénas : le 2009, encore sur la minéralité, affiche une belle tension, que le temps va relâcher au profit d’un côté plus charnel ; le 2005, rond et complet, commence à être à point.


Chénas, un cru à découvrir

Le village de Chénas prête une partie de son finage au fameux Moulin-à-Vent. Partagé avec la commune voisine de Romanèche-Thorins, ce cru, célèbre entre tous, se repère de loin dans le paysage, grâce à son phare. Le modeste moulin avait perdu ses ailes, il les a retrouvées depuis 1999. Périodiquement, elles brassent lair vivifiant du haut Beaujolais, tournant au-dessus de la terre rose-mauve qui signe le terroir : du granite désagrégé et fortement manganifère, localement appelé gore. Le Moulin-à-Vent est un vin racé. Tannique, dominateur dans sa jeunesse, il mêle la cerise à diverses nuances florales (rose, iris, violette). Son vieillissement en bouteille lui vaut la réputation d’être "le plus Bourgogne des Beaujolais". Effectivement, il mûrit le plus souvent avec superbe, s’habillant de soie, se parfumant d’arômes tertiaires enivrants, à l’image des meilleurs crus de pinot noir. Sa garde atteint aisément 10 ans. En grand millésime, il va encore beaucoup plus loin.

Le Château des Jacques, à Romanèche-Thorins, est une extension de la maison Jadot (Beaune). Cultivé en biodynamie, conduit avec la rigueur qu’y a insufflée Guillaume de Castelnau, ce domaine propose le Moulin-à-Vent sans doute le plus abouti de l’appellation. Dominé par le bois de son élevage, le "château" 2009 annonce la puissance du millésime : volume, luxuriance, le tout traversé par des effluves de confiture de mûre. A leur tour, ses prédécesseurs témoignent : délicieux 2006, quintessence du gamay anobli par le terroir, 2005 robuste et complet, à s’épanouir encore. Le château sélectionne aussi des parcelles, comme le Clos du Grand Carquelin : le 1999 atteint enfin sa friande maturité. Pour autant, on n’oublie pas le Moulin-à-Vent du Domaine Laennec, issu de six hectares parmi les meilleurs lieux-dits, que vinifiait naguère Jadot. Millésime un peu oublié, le 1991 était magistral. Littéralement métamorphosé après dix ans de cave, on l’aurait confondu avec un beau Volnay.


Un "incontournable" de Moulin-à-Vent

En Moulin-à-Vent, l’incontournable maison Georges Duboeuf - ici dans son fief de Romanèche-Thorins - aligne des pièces à conviction : un 1999 sur le noyau, qui conserve du mordant, puis un 1990 aux arômes apaisés, d’un maintien toujours élégant. Mais, puisqu’on remonte le temps, passons au rayon des antiquités. Autrefois, comme tant d’autres, la maison nuitonne Thomas-Bassot inscrivait du Moulin-à-Vent à sa carte. C’est ainsi qu’elle sortit un 1945 proprement exceptionnel : voici une quinzaine d’années, il jetait encore dans le verre tout l’éclat de son terroir natal. Qui a dit que les Beaujolais ne vieillissaient pas ?

 

Fleurie, à double détente

Vient ensuite Fleurie, aux vins printaniers, le cru bien nommé (même si son étymologie est autre). Son vignoble escalade les flancs de la Madone, l’imposante colline qui domine le village, coiffée dune chapelle votive à la Vierge. En altitude, les sols sont maigres, constitués de granites à gros cristaux. Ils donnent aux vins leur allure fringante, leur fruité charmeur, leurs nuances florales, à dominante diris. En bas, les terres sont plus argileuses. Les vins y gagnent en charpente et faculté de vieillissement.

L’un des plus jolis vins du village est issu du Clos de la Roilette. Sous cette marque d’un clos sans murs, qui barre généreusement l’étiquette de la bouteille, Alain Coudert produit un Fleurie charmant mais bien bâti. Si le 2008 a pâti de l’acidité du millésime, le 2007 allie souplesse et fruit, dans une bonne matière, qui acquiert une réelle densité dans la cuvée tardive du même millésime. Sur le village encore, on trouve de bons vins chez Michel Chignard ; on a noté la puissance et l’expressivité de son 2006. Etabli à Saint-Vérand, le bien connu Domaine du Vissoux, dont les simples Beaujolais font souvent la référence de l’année, est propriétaire en Fleurie depuis les années 90. Adepte d’une "viticulture alternative", rigoriste de la non-chaptalisation, Pierre-Marie Chermette ne déçoit pas avec son Garants 2007, vif et franc, qui glisse en bouche avec la facilité désarmante de toutes les cuvées de la propriété. Oui, le terme "gouleyant", si galvaudé, peut avoir encore un sens !


Une  "cadole" sur les pentes de Fleurie

La maison Aucoeur (Villié-Morgon) illustre un autre volet du Beaujolais, celui du petit négoce propriétaire. A côté de ses estimables Morgon, Arnaud Aucoeur - "artisan vigneron éleveur", précise-t-il - sort un excellent Fleurie. Son vieilles vignes 2009 est incisif, bourré de punch et de fruit. Il illustre la bonne fortune des millésimes en 9 … et son prix doux ne gâche rien. Au passage, soulignons que la majorité de ces crus pratiquent des tarifs fort accessibles, les plaçant en tête des meilleurs rapports qualité-prix français. Pour démontrer enfin les capacités de vieillissement du Fleurie, montons jusqu’au Château de Fleurie, un autre possession de la maison Loron, avec ses vignes en plein coteau de la Madone. Le 1976, millésime de belle mémoire en Beaujolais, est au rendez-vous : bouquet mature (fruits rouges surmûris, fève de cacao), ensemble sain et toujours frais.

 

Morgon le généreux

Le Morgon demeure lun des crus les plus populaires du Beaujolais. Son vaste terroir - un gros millier dhectares sur la commune de Villié-Morgon - est original. Il est constitué de schistes pyriteux désagrégés, abondant en oxyde de fer et en manganèse, doù la couleur ocre du sol. Sur place, on appelle ces roches pourries des morgons, et elles forgent le caractère des vins. Le Morgon est riche et charnu. Arborant un grenat qui se tuile assez vite, il développe des arômes caractéristiques de kirsch et de noyau - on dit après quelques années quil "morgonne". Ce cru chaleureux peut vieillir entre 5 et 10 ans, voire plus. Au sud du village sélève la Côte de Py, son lieu-dit le plus fameux, dont les vins charpentés acquièrent avec l’âge un supplément d’étoffe. Elle est le chef de file des six climats de Morgon, les cinq autres étant Les Charmes, Les Micouds, Douby, Corcelette et Grand Cras.


Bas relief du Caveau de Morgon

Tout récemment disparu, Marcel Lapierre était un serviteur dévoué du Morgon. En bon disciple de Jules Chauvet, le mythique agronome du Beaujolais, il se voulait le chantre des vins "nature". Les siens pouvaient parfois sembler un peu fluets, en regard de la générosité naturelle du cru, mais leur fraîcheur était indiscutable. Au-delà des variantes quil pratiquait délibérément, son Morgon capsulé de cire demeure un reflet fidèle des millésimes : extraordinaire 2009, opulent et parfumé, gorgé de fruits rouges, soyeux comme du taffetas, presque capiteux ; 2008 joliment fruité en dépit de sa minceur ; 2007 fleurant la cerise sous sa robe de même couleur, un gringalet que sauve son côté juvénile ; 2006 vif et franc, sans le moindre artifice … Mais au village, l’émulation ne manque pas. Déjà cité pour son Chénas, le Domaine Piron élabore un Morgon dans la pure tradition du cru. Avec son Côte de Py 1999, il livre une référence : charnu à souhait, aromatique en diable, une pure gourmandise. Le Château des Jacques, grand prêtre du Moulin-à-Vent, ne le cède en rien sur Morgon. Son Côte de Py 2005 est magnifique, musclé, encore plein d’avenir.

Néanmoins, le meilleur avocat de l’appellation reste l’incomparable Domaine Louis-Claude Desvignes. Les vins de Louis-Benoît Desvignes respectent un classicisme sans faille, exprimant pleinement la profondeur et les possibilités du cru. Son Côte de Py 2007 allie le fruit et la structure, avec une netteté surprenante, le 2006 est riche et dense. Si l’on avance dans le passé, il révèle ses ultimes beautés. Le 1976 (magnum) déploie la queue d’un paon : goût de terroir sublimé, charpente et puissance conjuguées, finesse odorante, bref tout le panache dont est capable l’emblématique climat. Cela n’empêche pas le domaine de produire d’autres lieux-dits remarquables, comme le Javernières, récolté dans une glaise lourde imprégnée de manganèse : l’opulent 2007 "morgonne" à souhait.

 

Chiroubles et Régnié, en toute précocité
 

De Villié, on peut remonter jusquà Chiroubles, petit village perché à 400 m daltitude, au-dessus dun magnifique cirque de vignes. Lui-même monte la garde au pied du "fût dAvenas", l’un des monts du Beaujolais. Le Chiroubles est le cru le plus élevé de la région, d‘où des vendanges plus tardives. Les sols sont faits d’une arène granitique maigre et friable, qui donne des vins rubis clair, floraux (violette, pivoine), souvent tendres et gracieux. C’est le plus précoce des dix crus, ouvrant traditionnellement la marche lors du déblocage du nouveau millésime, au printemps qui suit la récolte.

La personnalité du Chiroubles est bien exprimée dans les vins de
Patrick Bouland (Villié-Morgon). Son 2009, bien que complet, n’abandonne pas ce registre friand et fleuri, cette trame délicate. Plus charnel, plus consistant est le 2009 du négociant Henry Fessy (Saint-Jean-d’Ardières), mais l’épanouissement viendra. Il faut en effet relativiser le côté primesautier du cru. Pourvu que la vinification s’y soit prêtée, ce qui est rare, certaines bouteilles tiennent incroyablement la distance. Comme cet étonnant Chiroubles 1945 de chez Thomas-Bassot, évoqué plus haut : quelque cinquante ans après sa naissance, il gardait cette vivacité que procurent les noces du gamay et du granite.


L'église de Chiroubles

Plus au sud, on grimpe à nouveau jusquà Régnié-Durette, bourgade reconnaissable aux deux clochers de son église. Le Régnié est le dernier cru à avoir intégré la bande, en 1988. L’aire d’appellation déborde légèrement sur Lantignié. Les vins, récoltés sur des sables granitiques, sont aussi du genre précoce. Avec leurs arômes fruités (cerise, groseille, cassis), ils sont ronds et pimpants, et à boire entre 1 et 4 ans. Le Régnié de Georges Duboeuf est un bon prototype de l’appellation ; son 2009 est aimable et bien ficelé, sur les petits fruits rouges. Même profil, en plus aigu, pour le Régnié 2009 des Hospices de Beaujeu, dont la production est traitée au pittoresque domaine de la Grange Charton. Deux vins honorables mais qui semblent encore, comme la majorité des Régnié, à la recherche d’une caractérisation précise du cru.

 

Les jumeaux de Brouilly

La tournée se termine par un doublé. Tout rapproche en effet le Brouilly de sa jumelle, la Côte de Brouilly. Tout sauf la taille, le premier étant le plus vaste cru du Beaujolais (il frise 1300 hectares), la seconde figurant parmi les plus petits (300 hectares). En altitude et en réputation, cette dernière défend néanmoins sa prééminence. La Côte de Brouilly lance en effet ses ceps sur les pentes majestueuses du mont Brouilly, qui toise la plaine de Saône du haut de ses 485 m, couronné par la petite chapelle Notre-Dame-du-Raisin. Les flancs granitiques et schisteux de cette "montagne" sont parsemés de cornes vertes, des diorites de couleur bleu-vert, d’origine volcanique. Ces sols concourent à la longévité des vins. Robe pourpre et bouquet floral, ceux-ci réussissent un cocktail subtil entre la sève et la nervosité. Ils supportent sans difficulté 6 à 8 ans de garde.

Le Château Thivin est le conservatoire de la Côte de Brouilly. Il faut dire que les Geoffray ont contribué largement à la création de l’appellation. Niché dans un repli du mont, leur petit château a habitué les amateurs à des vins impeccables, de garde qui plus est. La cuvée Zacharie (hommage à l’ancêtre fondateur) magnifie le cru : le 2006 est particulièrement complet, le 1998 noblement parfumé, avec une attaque fine et une résolution élégante. La cuvée "château" n’est pas en reste : exhalant la prune et les fruits rouges compotés, le 1994 est harmonieux, apaisé. Un délice que n’aurait surtout pas renié la grande Colette, qui séjourna à la propriété en 1947 et laissa sur le vin de Thivin des lignes d’une éblouissante sensualité.


Le Château de La Chaize, perle du Grand Siècle

L’aire d’appellation du Brouilly sétend sur six communes : Saint-Lager, Odenas, Cercié, Quincié, Charentay et Saint-Etienne-la-Varenne (la Côte de Brouilly ne concerne que les quatre premières). Cette superficie explique la variété des sols, tour à tour granitiques, porphyriques, marno-calcaires, argileux. Au-delà des nuances locales, le Brouilly dégage le profil d’un vin fruité, agréable, aux tanins lisses. Son goût framboisé, son aimable précocité, le font consommer sans tarder. A Saint-Etienne-la-Varenne, le Château des Tours en offre l’illustration : son 2009 est vif, fruité, direct. Le Brouilly du Château de Pierreux, propriété de la maison Mommessin, a plus d’étoffe : son 2009 est charnu et parfumé.

On voit par là que Brouilly est une terre de châteaux. Alors finissons par le joyau architectural de l’appellation, le Château de La Chaize, à Odenas, jalousement entretenu par les Roussy de Sales. Bâti sur des plans de Mansart, entouré de merveilleux jardins à la française, ce haut-lieu du XVIIe siècle a conservé son extraordinaire cave voûtée, ainsi que son cuvage superposé, coiffé d’une formidable charpente. Tous deux sont longs de 108 m. Le spectaculaire parc de foudres et de pièces recueille chaque année la récolte d’un confortable vignoble - une centaine d‘hectares. La Réserve de la Marquise est une cuvée parcellaire. Par son fruit généreux, par son enchaînement souple en bouche, le 2005 fait passer de la joie communicative du Brouilly.

 

Tous droits réservés © 2010, Michel Mastrojanni (texte et photos)